
Fokker D. VIII
Le Fokker E.V était le cinquième avion de chasse monoplan conçu par le Néerlandais Anthony Fokker pour l'aviation militaire allemande (Fliegertruppe).
Il décida de construire ce monoplan à aile parasol et moteur rotatif en mai 1918.
Avec cet appareil, il participa au 2ème concours d'avions de chasse à Adlershof en juin de la même année. Le modèle de Fokker fut le grand gagnant et l'E.V entra immédiatement en production. Les premiers exemplaires furent livrés dès juin et envoyés au front sans délai.
Ils y ont surpassé les autres avions de combat sur le plan performances et puissance de montée.
Cependant, le point faible de l'E.V était la structure fragile de ses ailes et après plusieurs accidents, sa production fut arrêtée. Fokker s'est donc vu obligé de construire de nouvelles ailes avec des longerons renforcés pour les 139 appareils déjà livrés.
Afin de distinguer les avions modifiés des modèles précédents, ils furent nommés D.VIII.
150 autres exemplaires du nouvel avion aux ailes renforcées furent livrés dans les mois suivants.
Entre-temps, on était déjà en octobre 1918 et, en raison de l'évolution fulgurante des avions de chasse, les D.VIII étaient devenus dépassés avant même d'avoir atteint le front. Beaucoup d'entre eux se sont donc retrouvés dans des dépôts.
Après l'armistice du 11 novembre 1918, un grand nombre d'avions de guerre allemands avaient été répartis entre les vainqueurs. A Evere, près de Bruxelles, il y avait un grand dépôt d'avions allemands (Armee Flug Park) et parmi les avions, fuselages et ailes qui y étaient entreposés, il y avait au moins un Fokker E.V qui avait été modifié afin d'atteindre le niveau du D.VIII.
Les avions qui n'étaient pas assez intéressants pour être incorporés dans notre aviation militaire, s'ils n'étaient pas mis au rebut, furent parfois achetés par des pilotes militaires à titre privé.
E.V/D.VIII du Lieutenant Albert Van Cotthem
Le 4 août 1914, Albert Van Cotthem fut mobilisé et rejoignit son unité, les “Carabiniers Cyclistes”.
Peu de temps après, il devint coureur de relais et plus tard chauffeur d'un général. Cette fonction ne lui plaisait pas et Albert posa sa candidature pour un poste dans les unités volantes.
Van Cotthem était très populaire à l'école de pilotage en raison de son sang-froid et de ses connaissances en mécanique.
En mars 1916, il fut muté au front en tant que pilote de chasse.
Le 16 juin, il remporta sa première victoire.
En 1917, on retrouve Albert à l'aérodrome de Beaumarais-Calais où se situait le centre technique dirigé par Georges Nelis (fondateur de SNETA/Sabena). C'est ici qu'il fut nommé pilote d'essai pour les avions tant neufs que restaurés.
Il fut également chargé de la direction de l'école d'acrobatie aérienne.
La fin de la guerre ne signifia en aucun cas la fin de la carrière d'aviateur de Van Cotthem.
Il fut l'un de ceux impliqués dans la création de la SNETA. C'est lui qui effectua les premiers vols commerciaux Bruxelles-Paris-Bruxelles, Bruxelles-Londres-Bruxelles et Bruxelles-Folkestone-Bruxelles.
Albert Van Cotthem était l'un de ces pilotes privés qui avaient acheté un Fokker allemand. Il était de ce fait devenu le propriétaire du E.V/D.VIII.
Le 15 mai 1920, il démissionna de la SNETA pour se consacrer à l'acrobatie aérienne et participa de ce fait à de nombreux meetings et soirées aéronautiques avec “son” appareil.
On le vit participer par exemple au Meeting International d'Anvers du 17 au 21 juillet 1920; à l'Olympiade d'Anvers en août et septembre de la même année (où il devint champion olympique d'acrobatie aérienne en battant des concurrents tels que Fonck, Nungesser et Fronval); ainsi qu'au meeting et concours d'Evere les 4 et 5 juin 1921. Lors de ce dernier événement, son avion portait le numéro de participation “17”.
En 1939, Albert Van Cotthem fut à nouveau appelé aux armes et nommé commandant de l'école militaire de pilotage de Deurne.
En 1949, Albert Van Cotthem fut nommé “Décan de l'Aviation”, titre honorifique que Jan Olieslagers fut le premier à recevoir.




